Précision

Ce blog est une initiative individuelle. J'y évoque mon expérience personnelle, je parle selon mon coeur et non au nom d'une religion, d'une doctrine ou d'une "chapelle", quelle qu'elle soit. Je m'efforce de vivre et de propager une spiritualité ouverte, universelle, au-delà des sectarismes et exclusivismes de tous poils...

Mes opinions, réflexions et méditations sur la Révélation ne prétendent aucunement se fonder sur une compréhension achevée et entière de cette Révélation. Ma compréhension, forcément limitée, incomplète, évolutive, n'engage que moi.

Thierry / e-x-o-d-e

Un homme en marche...

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Lundi 12 mai 2008

Petite méditation sur la parabole du fumier et du jardin


 
Parlons crûment. Le fumier c’est de la merde et de la paille qui a servit de litière aux animaux. Rien de très transcendant à première vue… Et pourtant. Ne nous arrêtons pas aux apparences…

Le fumier, mélangé à la terre est un élément de fécondité. Il nourrit, augmente la capacité de retenue d’eau, favorise la vie du sol, son équilibre et sa stabilité. Il est utilisé depuis des milliers d’année par tous les paysans de la planète, du fait de sa richesse en azote et autres éléments nutritifs favorisant la croissance des végétaux.


 

La parabole du Jardin est constante dans la Parole prophétique et, dans la Révélation d’Arès, Dieu évoque le fumier comme une percutante parabole d’espérance.

« Le frère (qui veut) baise(r) Ma Lèvre (doit) baise(r) la lèvre de l’homme,
la lèvre (d’où) sort le pus (et) le ver (comme) la lèvre (qui) cache l’hameçon,

le frère (les) baise, (parce que) le femier, (c’est de lui que) sort le jardin »

(RA XXII/8-9).

 
Baiser la lèvre de l’homme : Dieu évoque ici le baiser à l'orientale sur la bouche, signe parfaitement digne et fraternel, non le baiser sensuel sur la bouche à la manière occidentale.

Ce passage nous rappelle avant tout qu’aimer Dieu passe par aimer l’homme, tous les hommes, sans discrimination, y compris celui qui nous répugne - qui a le pus ou le ver sur la lèvre - et celui qui nous contredit, qui nous insulte ou qui nous calomnie, celui dont la lèvre cache l'hameçon, qui peut nous blesser mais qui est souvent lui-même un être blessé.  Il s’agit d’un renvois clair à la parole de Jésus : « Il est dit: Tu aimeras ton prochain, mais je vous dis: Aimez aussi vos ennemis et ceux qui vous persécutent » (Matthieu 5/43-44).

Femier: Fumier. Le Jardin renvoie au jardin d’Eden (Bible, Genèse 2/8). Ici jardin signifie plus largement le retour au Projet du Créateur et le triomphe du bien et du bonheur à venir. La restauration de l'amour, du bonheur et même la foi et le salut universels dépendent autant d'hommes qui nous plaisent que d'hommes qui nous répugnent ou que nous craignons.




Tout homme, même le pire – ou celui qui nous apparaît comme tel -  peut participer à la (re)naissance du jardin d’Eden puisque chacun de nous peut devenir bon, s’il le décide et s’y efforce sans jamais se décourager. La force du bien est en tout homme, ne serait ce que latente et potentielle, car tout homme est image et ressemblance de Dieu. Tout homme peut réveiller cette force en lui et changer sa vie. De son « fumier » intérieur, il peut tirer de la vie, de la beauté, de la joie…  Le fumier, malodorant, composé d’excréments et de déchets, est en apparence négatif et « mauvais ». Mais, bien décomposé – on utilise pas un fumier trop frais car il peut brûler les végétaux. Il est préférable de le laisser décomposer quelque temps avant de l'utiliser (compostage) – et incorporé au sol, il devient « bon » pour le jardin en devenir ! Cette parabole nous interpelle : Ce qui nous apparaît comme étant « mauvais » serait-il potentiellement porteur de bien et de bonheur ? Le mal ne serait-il finalement que du bien non réalisé, non encore parvenu à maturité, non encore transformé ? Et si le mal est du bien en formation, une énergie de vie informe, chaotique, mais pouvant servir la croissance et l’épanouissement du Jardin, alors toute raison de désespérer est infondée.



Toute l’énergie – force créatrice venant du Créateur -  aujourd’hui souvent orientée vers le malheur et la souffrance reste perpétuellement disponible pour le bien. De même que les éléments du fumier frais deviennent assimilables et nourrissants pour la plante une fois le compostage effectué, le bien naît d’une réorientation, d’un transfert, d’une réorganisation d’éléments déjà présent dans le mal. Les éléments présents dans le fumier ne sont pas différents fondamentalement de ceux que l’on retrouve dans la plante, dans les fleurs et les fruits, ils ont seulement pris une autre forme, se sont élevé dans le végétal et se sont métamorphosés grâce à la photosynthèse. Le rôle joué par l’eau et la lumière – autres éléments très présents dans la Parole de Dieu - est ici capital !



En substance, ces versets nous disent que nous ne devons pas nous laisser décourager par la médiocrité, la faiblesse, les tendances négatives, que nous observons en nous-même comme chez les autres. Comme le jardin est fécondé par le fumier, chacun de nous peut tirer de lui-même un être différent, meilleur. Le mal peut être changé en bien. L’énergie disponible peut à tout moment être « retournée » (sens premier du mot « pénitence ») et réorientée vers un autre but. Ce n’est qu’une question de choix et de volonté patiente : choisirons-nous finalement d’être bons et heureux ?


Brouette pleine de composte dans les rues de Valence...

 

 

par e-x-o-d-e publié dans : Parole-Prière communauté : Le Monde Spirituel
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Samedi 10 mai 2008

Je suis un Témoin de Jéhovah!

 

Voilà un nouveau dialogue de rue : après avoir été Juif (lire le dialogue), il y a quelques semaines de cela, voilà que je deviens Témoin de Jéhovah !

 


 

Me voilà de nouveau avec mes petits panneaux (un petit coup d'oeil?) dans les rues de Valence. Un monsieur s’arrête à environ cinq mètres des panneaux posés sur le sol, il semble intrigué, s’efforce de lire à distance, mais hésite à s’approcher. C’est moi qui m’approche et entame la conversation :

 
- N’hésitez pas à vous approcher, vous lirez plus facilement !

 
Il me regarde d’un air suspicieux, comme si je lui tendais un piège… Je lui souris et plaisante pour essayer de le détendre.

 
- N’ayez pas peur… ce ne sont que des mots sur du papier… il n’y a aucun danger vous savez !

 
Il ne bouge pas, me scrute et me rétorque :

 
- Vous n’êtes pas Témoin de Jéhovah au moins ?

 
- Non.. Non… D’ailleurs je ne me réclame d’aucune Eglise, d’aucune religion particulière. Mais qu’avez-vous contre les Témoins de Jéhovah ?

 
- C’est une secte. Lorsqu’ils frappent à ma porte, je les mets dehors…

 
- Moi, je les trouve très courageux. Vous savez, le porte à porte est quelque chose de très difficile…Il est beaucoup plus facile de mettre des panneaux sur le sol dans la rue comme je le fais. Ils ont une grande foi pour faire ce qu’ils font vous ne croyez pas ?

 
- Une grande foi ? Mais c’est du… PROSELYTISME !

Il assène le mot comme s’il venait de dire une horreur.

 
- Les disciples de Jésus de Nazareth, les apôtres, les premiers chrétiens aussi faisaient du prosélytisme ! Et eux aussi d’ailleurs étaient considérés comme faisant de la propagande pour une secte… Les Témoins de Jéhovah font ce que tout chrétien devrait faire, transmettre l’Evangile !

 


 
- Ils ne transmettent pas l’Evangile… leur Bible est trafiquée !

 
- Vous avez lu leur traduction ?

 
- Non, mais c’est un fait connu. Ils ont modifié des passages… pour les mettre en accord avec leur doctrine…

 
- J’ai lu une bonne partie de la traduction du Monde Nouveau (traduction des TJ) et je n’ai pas remarqué qu’ils aient modifié des passages, comme vous dites… Ils font des choix de traductions en fonction de leur compréhension du texte, mais c’est un peu le cas de tous travail de traduction, vous ne croyez pas ? Peut-être tordent-ils le sens de certains passages en fonction de leur approche spécifique, mais je ne suis pas compétent pour en discuter. En tout cas, dire que leur Bible est trafiquée me semble franchement exagéré, c’est un préjuger à leur égard… une rumeur… que l’on répète sans la vérifier vraiment.  Moi, je trouve que les Témoins de Jéhovah ont fait un travail de recherche passionnant sur les Ecritures et sur les débuts du christianisme ! Je ne me reconnais pas toujours dans leur approche des Textes Saints, que je trouve trop littéraliste… mais nous devrions tous profiter de leur travail – en gardant un esprit critique bien sûr – plutôt que d’en rester à des idées toutes faites comme « ils ont trafiqué leur Bible » ! Ils se sont efforcés de revenir au Texte et à la foi chrétienne des tous premiers temps…En particulier ils ont voulu renouer avec le christianisme d’avant le tournant constantinien du IV ème siècle, époque ou la foi chrétienne devient religion d’Empire et se lie au pouvoir politique… Ils ont cherché à débarrasser la foi des doctrines élaborées à partir de cette époque pour retrouver le sens premier du Message du Christ. De mon point de vue, leur travail de dépoussiérage n’est pas allé assez loin, mais leur démarche n’en demeure pas moins intéressante pour tout Chrétien, même si l’on ne rejoint pas toutes leurs conclusions… Mais… peut-être n’êtes vous pas Chrétien ?

 


 - Si, je suis Chrétien. Les Témoins de Jéhovah… je ne suis pas sûr…

 
- Vous n’êtes pas sûr qu’ils soient Chrétiens ?! Mais Ils se réclament de l’Evangile du Christ ! Ils s’efforcent de vivre l’Enseignement de Jésus ! N’est-ce pas cela être Chrétien ? Ce n’est pas parce qu’ils ne comprennent pas la Bible
tout à fait comme vous, qu’ils ne sont pas Chrétiens…

 
Le Monsieur a l’air un peu gêné… mais il ne dit rien. Je continue :

 
- Vous savez, durant la dernière guerre mondiale, beaucoup de Témoins de Jéhovah allemands ont été persécutés, parfois déportés, à cause de leur foi chrétienne ! Beaucoup ont eut le courage de refuser de faire le salut nazi à Hitler, qui était pour eux une forme d’idolâtrie envers un homme – et ils n’avaient pas torts -, beaucoup ont refusé l’enrôlement dans la Wermarcht au nom de leur foi évangélique ! Et vous dites qu’ils n’étaient pas Chrétiens ! Et bien, si beaucoup de « vrais chrétiens » protestants et catholiques – parce que j’imagine que pour vous être Chrétien , c’est être Catholique ou Protestant… - avaient eut leur courage et leur foi, je crois que l’histoire aurait été écrite autrement ! Heureusement il y a eut des Catholiques et des Protestants admirables durant le Nazisme, qui ont fait passer leur fidélité au Christ avant leur confort, leur tranquillité, leur conformisme…Beaucoup sont devenus résistants, certains ont contribué au sauvetage de Juifs… mais la masse des « vrais Chrétiens », elle était où durant le Nazisme et que pensaient-ils des Juifs les « vrais chrétiens » ? Peut-être que si le christianisme avait réellement existé dans les années 30, Hitler n’aurait pas été mis au pouvoir ! Le Nazisme est une des idéologies les plus anti-évangélique de l’histoire !...


 


Je sens que je m’emporte un peu et que ma voix a monté d’un degré… je me tais pour retrouver ma sérénité. Le monsieur me regarde et prend la parole, mais son regard et sa voix ont changé…

 
- Vous ne devriez pas juger. Le Christ a dit de ne pas juger… et puis vous ne savez pas ce que vous auriez fait à leur place, dans une situation identique. Il est toujours facile de se poser en moralisateur a posteriori…

 
- Vous avez totalement raison. De toute façon, je ne juge pas les hommes et les femmes de cette époque, pas plus que je ne juge ceux d’aujourd’hui. En effet, je ne sais pas ce que j’aurais fait à leur place, dans leur contexte… Peut-être aurais-je été de cette majorité chrétienne silencieuse… qui sait ? Je suis d’un naturel plutôt craintif… peut-être que j’aurais eu peur et que j’aurais fermé ma gueule, comme la masse allemande de cette époque. Mais je réagis par rapport à votre critique des Témoins de Jéhovah… J’espère que j’aurais eu la force d’être cohérent avec ma foi… comme beaucoup d’entre eux l’ont été… Oui, j’espère que j’aurais été Témoins de Jéhovah !

 


 

- Je ne met pas en cause le courage des Témoins de Jéhovah… j’ignorais d’ailleurs leur attitude durant la guerre… Il n’empêche que ces gens sont sectaires, intolérents…Ils prétendent être les seuls à détenir LA Vérité ! Vous êtes d’accord avec ça ?

 
- Malheureusement, toute religion, grande ou petite, prétend détenir LA Vérité ! Je crois personnellement qu’aucune religion ne détient LA Vérité, pas davantage les témoins de Jéhovah que les autres… mais pourquoi les accuser spécialement d’une tendance que l’on retrouve partout ailleurs ? N’avez-vous pas remarqué que l’on reproche souvent aux religions minoritaires, que l’on qualifie de « secte » pour les flétrir, des caractéristiques que l’on trouve aussi bien dans les grandes religions reconnues et même dans d’autres types de structures non spécifiquement religieuses, comme les partis politique, par exemple ? Ne trouvez vous pas cela injuste ?
L’esprit sectaire est loin d’être le monopole de ceux que l’on estampille « secte » ! Certaines « sectes » sont finalement moins sectaires que ceux qui les combattent… l’intolérance n’est pas toujours du côté que l’on croit… Je viens d’apprendre récemment que des Témoins de Jéhovah de Lucciana en Corse ont été obligé d’arrêter la construction de leur « Salle du Royaume » à cause de l’hostilité du voisinage ! Où sont les sectaires ? Vous trouvez normal vous que l’on empêche des croyants de construire une maison de prière en plein XXIeme siècle en France ? Moi, je trouve cela plutôt inquiétant… et cela en dit long sur la sois disant tolérance de notre société…

 


Salle du Royaume - maison de prière des Témoins de Jéhovah

 
- On ne peut pas tout accepter au non de la tolérance ! On ne peut pas être tolérant avec les… intolérants !

 
- Je n’ai pas dit qu’il fallait tout accepter… mais votre formule me fait penser à la fameuse tirade de St Juste durant la Révolution française « pas de liberté pour les ennemis de la liberté »… On sait sur quoi débouche ce genre de logique ! La tyrannie et la terreur !

 
- Hé ! Ne me faite pas dire ce que je n’ai pas dit ! Je n’ai pas dit qu’il fallait couper la tête des Témoins de Jéhovah !

 
- Je vous provoque un peu… Je sais que vous ne pensez pas cela… Mais faisons attention car on peut vite glisser dans ce domaine… Ce n’est bien souvent qu’une question de contexte. Lorsqu’on commence à vouloir limiter la liberté des gens qui ne pensent pas comme nous, qui nous dérangent parce qu’ils croient différemment, ou simplement parce qu’il croient… et affirment leur foi de façon publique, comme les Témoins de Jéhovah… on est pas loin de remettre en question la liberté de conscience ! Je trouve cela très dangereux… plus dangereux que la fameuse « menace sectaire ». Je ne nie pas qu’il y ait des groupes réellement dangereux, mais cela reste très marginal et ce n’est pas une raison pour amalgamer tout le monde et stigmatiser les petites religions… ou pour leur refuser le droit de diffuser leurs convictions…

 
- Même si ces convictions sont aberrantes, comme le fait de refuser la transfusion sanguine ?!


- Personnellement, je ne fait pas cette lecture là de la Bible et je trouve que le partage du sang pour sauver des vies est une belle chose… Mais après tout, au non de quoi leur refuser de faire ce choix ? Je pose la question…les choses sont peut-être plus complexes et la réponse moins évidente que ce que vous semblez penser. En tout cas je ne suis pas certain que cela puisse se résoudre en les montrant du doigt comme des malfaisants, ainsi que les media le font régulièrement…Il est aussi « aberrant » de réduire la foi des Témoins de Jéhovah à cette question de la transfusion…Ce n’est quand même pas le cœur de leur spiritualité !
Et puis, nous avons tous une part d’aberration en nous, vous ne croyez pas ? Alors commençons par enlever notre poutre avant de chercher la paille dans l’œil du voisin, comme disait Jésus de Nazareth !


 


 
- Donc pour vous… « Tout le monde il est bon, tout le monde il est gentil »….

 
- Là, c’est vous qui me faite dire ce que je n’ai pas dit ! Si tout le monde était bon et gentil, cela se verrait ! Non, ce que je veux dire est que nous sommes finalement tous en recherche d’un monde meilleur, chacun à notre façon… Les Témoins de Jéhovah aussi - même s’ils attendent surtout ce monde meilleur d’une intervention divine, point de vue que je ne partage pas avec eux puisque ma conviction est que l’humanité est pleinement responsable de son avenir et que le Créateur ne nous imposera jamais de force un Eden « clé en main » -. Ils ont aussi leur contribution à apporter à cette quête collective !
Je suis convaincu que la liberté de conscience, mais aussi la liberté de propager nos convictions diverses, de les partager, de les brasser… augmentent nos chances de découvrir les voies d’une humanité meilleure. Le conformisme culturel, l’uniformisation de la pensée, la peur du pluralisme… ne sont pas des facteurs d’évolution, au contraire. Essayons d’aborder la diversité en terme de complémentarité, d’émulation créatrice et non en terme d’opposition, de conflit… Nous avons tous à apprendre les uns des autres ! Personne ne détient toutes les réponses, tous les points de vue… nous avons besoin les uns des autres pour élargir notre horizon ! Vous savez, c'est aussi pour cela que je suis dans la rue à parler avec vous... et pas seulement pour diffuser ma propore foi! (je lui montre  la Révélation d'Arès que je tiens sous le bras...).

 
- Vos convictions sont sympathiques, mais ne me semblent pas très réalistes… c’est une voie ardue que vous proposez… Ce n’est pas trop dans les habitudes…

 
- Oui… et ce qui est inhabituel fait toujours un peu peur… Mais cela vaut la peine d’essayer !

 

- Peut-être, peut-être... en tout cas merci pour cet échange!


- Merci à vous!


 




par e-x-o-d-e publié dans : questions - réponses communauté : Les Gens du Livre
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Mardi 6 mai 2008

Réponse à Nicolas :

Dieu ne fonde pas de religion.

 

 

Je ne conduirais plus ma voiture comme avant grâce à toi même si je trouve le commentaire sur le panneau impasse bien dur..? (Nicolas)

 


 

 Oui, je comprends que ce panneau puisse déranger, peut-être même choquer. Il est un peu provocateur, j’en conviens, et appelle quelques précisions. Merci Nicolas de me donner cette possibilité à travers ton commentaire.


Avant tout, je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas de dénigrer ou pire, juger la foi, les convictions ou engagements de mes frères et sœurs qui se reconnaissent dans la religion ou la politique et qui espèrent en elles. Je connais ta foi, Nicolas, et je te demande pardon si tu as pu te sentir attaqué à travers ce panneau. Là n’est pas mon intention…

Je n’ai pas une vision manichéenne ou caricaturale de la politique et de la religion. Je crois que tous les hommes peuvent contribuer au changement du monde auquel Dieu nous appelle, y compris dans les domaines religieux et politiques. Je sais qu’il y a des personnes réellement dévouées et désintéressées, qui se donnent pour une humanité meilleure et plus heureuse, au sein des religions et des politiques…Qui pourrait le nier ? Et ces femmes et ces hommes sont porteurs de Grâce pour nous tous!

Faire la critique de la logique et des institutions religieuses ou politiciennes, en souligner les limites n'enlève rien à la valeur, aux mérites, aux qualités des femmes et des hommes dont la foi est religieuse ou qui espèrent changer la vie par la politique. Pour éviter définitivement tout malentendu, j'insiste sur le fait que refuser un système ne signifie pas juger, rejeter ou mepriser les personnes qui évoluent dans le cadre de ce système.

Je m'efforce d'aimer tous les hommes, sans distinction et de ne juger personne.

Mais je ne crois pas que les systèmes religieux et politiques puissent, à terme,  réellement apporter des solutions profondes et durables aux problèmes de l’humanité. C’est pourquoi je les considère comme des impasses, même si tout n’est pas négatif ou mauvais dans ces voies.

 


Je crois que Dieu ne fonde aucune religion (je laisse ici de côté la politique qui n’est finalement qu’une forme de religion profane) mais qu’Il nous appelle à la vie spirituelle libre. Seule la vie spirituelle libre peut déboucher sur la métamorphose que le Créateur attend pour notre humanité. Ta remarque me donnes ainsi l’occasion de préciser la différence entre religion et vie spirituelle.


La religion est un système qui affirme mettre les hommes et Dieu en relation, permettre à l’homme d’avoir une connaissance juste de Dieu et – dans les religions monothéistes de la famille abrahamique –  d’accéder au salut. Ce salut étant le plus souvent compris comme salut de l’âme après la mort et possibilité de vivre un au-delà heureux en présence de Dieu et des élus partageant le même sort post-mortem.

Pour la religion le salut passe par la soumission à des dogmes, credos, doctrines théologiques, formes de prières ou rites traditionnels et par  l’obéissance aux autorités qui définissent ces dogmes et ces rites. La religion impose une orthodoxie et une orthopraxie. En clair, elle impose d’une part une compréhension officielle, obligatoire, statique, du Texte fondateur dont elle se réclame et exclu ceux qui ne partagent pas cette compréhension, de façon plus ou moins catégorique et brutale selon les circonstances et les époques. D’autre part elle impose une forme rituelle et une conception de la prière considérées comme seules aptes à mettre en relation le Créateur et ses enfants. Selon la religion, seul le cadre défini par elle est licite, ou du moins susceptible d’être agréé par Dieu. Tout autre cadre est égarement, faute, perdition ou du moins, dans une optique plus ouverte et tolérante, insatisfaisant et ne permet pas d’accéder à la Vérité pleine et entière même s’il intègre des éléments épars de vérité.

 



Enfin, la religion est le plus souvent défaitiste en ce qui concerne la condition terrestre et les possibilités humaines de vivre en harmonie avec Dieu et avec toute la Création. Elle enseigne ou sous-entend fortement que l’être humain n’a pas la capacité et la force de surmonter sa condition pécheresse, d’échapper au mal et au malheur en rétablissant les conditions de vie édéniques. Selon la religion, l’homme ne peut espérer le salut que par le biais de la miséricorde divine, de la grâce divine, du pardon divin, dont elle est l'incontournable vecteur. Dans cette optique, l’homme est irrémédiablement faible et déchu en ce monde, d’une part. D’autre part, toute relation directe entre Dieu et l’homme est exclue et tout système religieux se considère comme intermédiaire et dispensateur, obligés et seuls efficace, de la pitié et des faveurs du Créateur. Autrement dit, l'homme ne peut espérer une amélioration de son sort ici-bas – amélioration relative et principalement dépendante du bon vouloir gracieux de Dieu - et un séjour heureux dans l'au-delà, qu'en se soumettant à la religion.
Il faudrait bien évidemment apporter des bémols et des nuances à un tel tableau, forcément simplificateur.

 


La vie spirituelle est la vie selon l’Esprit de Dieu, selon la Parole de Dieu. Cet Esprit et cette Parole sont transmis par des prophètes, des inspirés, mais peuvent aussi rencontrer l’intuition humaine indépendamment des manifestations historiques du Créateur et des Ecritures. Dieu parle aux hommes par les prophètes et les inspirés, mais Il souffle aussi dans le cœur de ses enfants, même s’ils n’ont pas la foi. Dieu, par les prophètes, n’appelle pas à fonder une religion. Il appelle à une vie juste, aimante, vertueuse… bref, spiritualisée dans toutes ses dimensions. Il appelle l’humanité à revenir à Son Projet génésiaque : la vie en harmonie avec Lui et toute la Création.

La vie spirituelle est existentielle, dynamique et créatrice, elle vise essentiellement à rétablir Eden, en commençant par le rétablir en soi par le changement personnel. Dans l’optique de la vie spirituelle prônée par les prophètes, ce n’est ni un dogmatisme ni un formalisme religieux qui sauvent l’homme mais le travail de recréation d’Adam en soi et du Jardin Terrestre pour toute l’humanité, ou encore du Royaume pour reprendre une image utilisée par Jésus de Nazareth. Pour les prophètes, ce n’est pas la récitation d’un credo ou l’obéissance à des rituels que Dieu attend mais le changement du cœur et du monde par la justice et l’amour vécus, individuellement et collectivement réalisés sur la terre, lieu que Dieu a prévu pour le bonheur de l’être humain dés l’origine.

Enfin, en opposition à la religion, la vie spirituelle est libre et universelle.
Libre parce que l’amour ne peut être vécu, partagé et propagé que librement. C’est librement que l’homme s’est éloigné de Dieu, ce n’est que librement qu’il peut revenir à Lui. C’est librement que l’homme s’est éloigné de ses frères, ce n’est que librement qu’il s’en rapprochera. Libre ne veut pas dire sans direction et sans repères, mais la Parole prophétique et la conscience spiritualisée suffisent comme guides. La religion est finalement une conscience de substitution.
Universelle parce que lorsqu’on a compris que ce n’est pas une étiquette religieuse qui sauve, une pratique formelle ou une proclamation doctrinale, mais l’amour, alors les frontières religieuses perdent leur sens et tombent d’elles-mêmes ! Toute personne peut ouvrir son coeur, donner de l’amour et en recevoir, quelque soit sa foi ou son absence de foi !

 




Il suffit de lire la Bible et le Coran – et aujourd’hui la Révélation d’Arès qui les confirme – pour se rendre compte que les prophètes ont toujours été en opposition aux systèmes religieux, aux ritualismes, aux formalismes. La religion transmet la Parole de Dieu, certes, mais en l’édulcorant, en la vidant à différents degrés de sa dimension transformatrice et contestataire de l’ordre établis, en en détournant la dynamique fondamentale. Les prophètes de Dieu sont les premiers opposants aux systèmes religieux et bien souvent les premières victimes. La Bible et le Coran abondent en exemple à ce sujet, le plus affreux étant l’assassinat de Jésus par le Sanhédrin qui manifestait la plus haute autorité religieuse juive de l’époque.


Le Dieu des prophètes n’est pas un Baal qui demande une soumission de type religieuse, qui réclame des rites sensés obtenir son Pardon, qui exige qu'on le supplie pour exercer sa Miséricorde, qui se montre sourcilleux en terme de formulation théologique et d’élaboration doctrinale. Non. Il est un Père qui s’est donné généreusement à toute l’humanité et qui confie Sa Parole à tous ses enfants. Le Créateur ne réserve pas Sa Parole à l‘interprétation et à la garde de corporations et d’institutions, d’ailleurs rivales entre elles et se déclarant toutes détentrices de la Vérité. En réalité, le sacerdoce est le devoir et la responsabilité de tout croyant et découle naturellement de l’image et ressemblance génésiaque. Le peuple de Dieu est un peuple tout entier consacré, "un peuple de prêtres, une nation sainte" selon la formulation explicite  du Livre de l’Exode ( Ex 19, 6).  Le Créateur a donné à l'humanité, par amour, son image et sa ressemblance et Il appelle l’humanité à restaurer cette image et ressemblance par un changement de vie concret, non par l’adhésion à un credo. Ce que Dieu attend de nous est la vie spirituelle, c'est-à-dire une évolution, une création permanente, une réorientation volontaire et libre de notre destinée vers notre origine divine, vers notre Père, non une religion.  Relisons l’Evangile ! La position du Christ vis-à-vis de l’institution religieuse est claire. La religion ne lui a d’ailleurs pas pardonné.

 


François d'Assise, combattu puis récupéré par le système

 

Mais là où les choses se complexifient, c’est que ces deux domaines - religion et vie spirituelle - ne sont pas parfaitement séparés et cloisonnés entre eux.
D’une part, Dieu a composé de façon sage et patiente avec la réalité religieuse comme il a composé avec la culture et la faiblesse humaine (exemple : compromis de Dieu avec la religion à l’époque de Moïse pour un peuple d’esclave incapable de vivre la spiritualité libre). D’autre part, il y a eut au sein même des systèmes religieux – et il y a encore -, des croyants de grande envergure, des témoins d’une vie spirituelle authentique, des âmes libres et créatrices, des modèles d’amour. Il est clair que le système religieux s’est toujours méfié et a souvent combattus ces croyants prophétiques, quitte à en faire des saints quelques décennies ou siècles plus tard… La vie de François d’Assise est à ce sujet exemplaire. Peu d’hommes ont mis autant de zèle à suivre Jésus, mais peu d’hommes ont autant souffert du système religieux pour avoir osé prendre l’Evangile au sérieux et avoir voulu le vivre jusqu’au bout.

Au-delà de ces géants spirituels, brûlant du feu de l’Esprit, de nombreux croyants ont été animés d’une volonté sincère de suivre les prophètes et de devenir meilleurs, dans le cadre qui était le leur, dans les limites de leur culture et de leurs traditions religieuses. C’est grâce à ces femmes et à ces hommes de bien que la religion a malgré tout transmis de la lumière et été porteuse d’espérance. Il serait faux et injuste de n’aborder la religion que sous l’angle de ses aspects négatifs. Mais il est tout aussi évident que Dieu nous appelle depuis longtemps maintenant – et de façon particulièrement pressante et radicale depuis Jésus – à dépasser la religion et à franchir une nouvelle étape de notre relation avec Lui. Dieu nous appelle à une relation directe, sans intermédiaire institutionnel, sans dogmes et sans hiérarchies, une relation d’amour et d’alliance, une relation de co-création pour qu’advienne enfin, non une religion épurée ou réformée, mais tout autre chose : le Royaume, la terre et le ciel nouveaux entrevus pas les prophètes.

Je t'embrasse de tout coeur.

Ton frère Thierry / e-x-o-d-e

 

par e-x-o-d-e publié dans : questions - réponses communauté : Le Monde Spirituel
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